{"id":223,"date":"2026-06-10T09:00:50","date_gmt":"2026-06-10T07:00:50","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/2026\/04\/29\/hommage-a-elena-randi\/"},"modified":"2026-06-11T11:48:02","modified_gmt":"2026-06-11T09:48:02","slug":"hommage-a-elena-randi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/fr\/2026\/06\/10\/hommage-a-elena-randi\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 Elena Randi"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">Antonio Gramsci a \u00e9crit des mots inoubliables dans un de ses paragraphes intitul\u00e9 <i>Le universit\u00e0 italiane<\/i>,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>applaudissant au fait que \u00ab chaque enseignant tend \u00e0 former une \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb \u00e0 lui \u00bb, concluant \u00e0 la fin que \u00ab cette coutume, sauf cas sporadiques de camorra, est b\u00e9n\u00e9fique \u00bb. H\u00e9las, je crains que dans l&rsquo;Universit\u00e9 italienne d&rsquo;apr\u00e8s 68 tout se soit d\u00e9grad\u00e9. D&rsquo;autre part nous ne pouvons nier nos racines d&rsquo;ascendance animale, du moins si nous croyons Darwin. <i>Ogne figghie \u00e8 bb\u00e8lle pe&rsquo; mamma soja <\/i>disait ma m\u00e8re, femme du peuple foggien (que je n&rsquo;ai jamais aim\u00e9e, du reste, mais peu importe, histoire priv\u00e9e et trop compliqu\u00e9e). Au sens, naturellement, o\u00f9 les parents aiment leurs propres enfants <i>quoi qu&rsquo;il en soit<\/i>, et les voient <i>beaux<\/i> m\u00eame s&rsquo;ils ne le sont ni peu ni prou. Le m\u00eame principe \u2013 fatalement \u2013 vaut pour la m\u00e9taphorique <i>famille universitaire<\/i> italique<i>, <\/i>o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la carri\u00e8re exige que le <i>p\u00e8re<\/i> devienne <i>parrain&#8230;<\/i><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-55 alignleft\" src=\"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/universita-italiane-calcio-100x300.jpg\" alt=\"\" width=\"167\" height=\"501\" srcset=\"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/universita-italiane-calcio-100x300.jpg 100w, https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/universita-italiane-calcio.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\">On sait que normalement le Ma\u00eetre raffole de son propre \u00e9l\u00e8ve et fait des pieds et des mains pour le pousser \u00e0 gravir les \u00e9chelons du parcours professionnel, m\u00eame quand il est conscient de sa modeste ou faible valeur : pour la banale raison qu&rsquo;<i>il l&rsquo;a fait lui, fils ou fille<\/i>, chair de sa chair mentale, il ne peut pas ne pas aimer ses propres cr\u00e9atures,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><i>l&rsquo;amour est aveugle<\/i>. Je suis s\u00fbrement mal fait, mais je n&rsquo;ai jamais partag\u00e9 cela. J&rsquo;avoue ne pas bien savoir ce qu&rsquo;est l&rsquo;<i>amour<\/i>, mais il me semble qu&rsquo;il ne peut exclure une estime pleine et convaincue, c&rsquo;est-\u00e0-dire, dans ce cas, l&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;originalit\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>du disciple, car des vulgarisateurs et des r\u00e9p\u00e9titeurs (pour ne pas parler des plagiaires)<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>nous en avons d\u00e9j\u00e0 bien trop, ils sont <i>plus de mille qui chantent toute la nuit<\/i>, aurait conclu joyeusement Boccace. Ce sera ma faute, de n&rsquo;avoir pas su m&rsquo;occuper d&rsquo;eux, mais je n&rsquo;ai jamais eu d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, sauf une \u2013 brillante et pourtant sans authentique vocation, et de surcro\u00eet <i>flemmarde<\/i>, comme on dit en Toscane, sans envie de s&rsquo;engager, de souffrir, de sorte qu&rsquo;\u00e0 pas m\u00eame 32 ans, si je me souviens bien, elle d\u00e9missionna de l&rsquo;Universit\u00e9,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>ne manquant certes pas d&rsquo;encouragement et d&rsquo;applaudissement, de ma part,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>pour ce choix insolite, presque scandaleux.<\/p>\n<p class=\"p1\">Juste pour signifier que j&rsquo;ai toujours \u00e9prouv\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>envie et frustration \u00e0 voir mes petits amis de<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><i>confr\u00e9rie<\/i> bienveillamment soigner leurs \u00e9l\u00e8ves, et pourtant \u2013 cela s&rsquo;entend \u2013<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>uniquement quand \u00e0 moi aussi ils me semblaient vraiment dou\u00e9s, les \u00e9l\u00e8ves\u2026 Et en cela, il faut le reconna\u00eetre, Umberto Artioli a \u00e9t\u00e9 le meilleur, le plus prompt \u00e0 perdre temps et peine \u00e0 lire relire corriger recorriger ce que produisaient les disciples. Celui qui a su forger les intelligences<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>les plus int\u00e9ressantes, et Elena Randi me para\u00eetrait son \u00e9l\u00e8ve g\u00e9niale, par accident chronologique <i>a\u00een\u00e9e<\/i> mais pareillement <i>premi\u00e8re<\/i> dans l&rsquo;\u00e9chelle des valeurs. C&rsquo;est lui qui l&rsquo;orienta sur la voie de la mise en sc\u00e8ne, lorsqu&rsquo;il pr\u00e9parait pour Carocci un manuel intitul\u00e9 <i>Il teatro di regia. Genesi ed evoluzione (1870-1950)<\/i>, pour lequel il d\u00e9ploya l&rsquo;\u00e9ventail pr\u00e9cieux de ses jeunes tr\u00e8s fid\u00e8les. Et ici se pointe un d\u00e9tail curieux : car le titre du livre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assez<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><i>tranchant<\/i>,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>avec la nettet\u00e9 limpide et m\u00eame un peu brutale des chiffres, le th\u00e9\u00e2tre de mise en sc\u00e8ne qui na\u00eet en 1870, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec les Meininger, mais aussit\u00f4t, en renfort, le<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>besoin de r\u00e9affirmer, martelant d\u00e8s la premi\u00e8re ligne de l&rsquo;<i>Introduction<\/i>, sign\u00e9e \u00e9videmment par le Ma\u00eetre : \u00ab La naissance de la mise en sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale, survenue dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies du XIXe si\u00e8cle, [\u2026] \u00bb. Qui l&rsquo;a connu s&rsquo;en souviendra,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>son charme \u00e9tait dans l&rsquo;ouverture des horizons, la capacit\u00e9 de lire les textes, non seulement les<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>dramaturgiques mais aussi les narratifs (je pense aux ex\u00e9g\u00e8ses des romans dannunziens), son \u00e9loquence \u00e9l\u00e9gante et personnelle, claire et substantielle, mais non moins le ton assur\u00e9 de la diction, qui ne pr\u00e9voyait pas d&rsquo;incertitudes, mais imposait plut\u00f4t sa v\u00e9rit\u00e9 interpr\u00e9tative, avec un<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>accent fort, presque imp\u00e9rieux. Bref, difficile de s&rsquo;opposer \u00e0 ses convictions. Franco Perrelli l&rsquo;exp\u00e9rimenta dans sa propre chair,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>enseignant \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des Beaux-Arts de Lecce, candidat sans <i>parrain<\/i><span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00e0 un poste de ma\u00eetre de conf\u00e9rences, dernier concours \u00e0 recrutement <i>local<\/i>, avant de revenir \u00e0 celui <i>national, <\/i>tenu \u00e0 Florence en 1998. Le<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>malheureux d\u00e9clara s&rsquo;<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>occuper de la naissance de la mise en sc\u00e8ne et que \u2013 consultant des livres \u00e9crits en langues nordiques \u2013 il estimait pouvoir imaginer que peut-\u00eatre l&rsquo;invention du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle de Stanislavski devait \u00eatre antidat\u00e9e d&rsquo;au moins vingt ans. Dans la pr\u00e9face \u00e0 mon <i>Il teatro dei registi<\/i> publi\u00e9 chez Laterza<i>, <\/i>qui a vingt ans tout juste en ce 2006,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>j&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9pisode et la r\u00e9plique du plus combatif des cinq commissaires, tous abasourdis devant ce blasph\u00e8me : <i>Je ne connais pas cette bibliographie publi\u00e9e en langues nordiques, mais je conteste qu&rsquo;on puisse<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>faire une affirmation aussi hasardeuse. La mise en sc\u00e8ne na\u00eet avec les Meininger, et monte, monte, en passant par Antoine, pour arriver \u00e0 Stanislavski<\/i>. Le <i>capitaine courageux<\/i> avait \u00e9t\u00e9 Umberto Artioli : je ne l&rsquo;\u00e9crivis pas alors, parce qu&rsquo;il \u00e9tait disparu depuis \u00e0 peine deux ans, et puis cela n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e9gant, vu que,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>en fin de compte, le Saint-Esprit l&rsquo;avait illumin\u00e9 \u2013 lui et trois autres commissaires \u2013 pour gracier l&rsquo;impertinent jouvenceau venu du profond Sud.<\/p>\n<p class=\"p2\">Je me permets de le r\u00e9v\u00e9ler, \u00e0 pr\u00e9sent, le petit arcane,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>avant que ce soit \u00e0 moi de m&rsquo;en aller<b>,<\/b> mais parce qu&rsquo;il se croise avec le destin d&rsquo;Elena Randi et me permet d&rsquo;observer qu&rsquo;il y avait quand m\u00eame, en Umberto, ce fond secret d&rsquo;humilit\u00e9 que seuls les grands Ma\u00eetres ont toujours. L&rsquo;humilit\u00e9 est une fleur des plus rares dans tous les jardins universitaires du monde, mais au moins les chercheurs g\u00e9niaux \u2013 peu ou beaucoup \u2013 doivent la cultiver, cette fleur myst\u00e9rieuse : car la vraie intelligence est toujours conscience de la limite, et <i>in primis<\/i> de ses <i>propres limites<\/i>.<b> <\/b>Il accepta en effet d&rsquo;accueillir dans ce livre une contribution d&rsquo;Elena qui contredisait drastiquement les certitudes t\u00e9tragones du Ma\u00eetre, apparent\u00e9es plut\u00f4t \u00e0 celles de nos <i>ennemis<\/i>, pour les d\u00e9signer par ce terme un peu surann\u00e9 (mais mieux vaut les appeler <i>meuniers<\/i>, comme le proposa Nando Taviani, car eux publiaient chez Il Mulino). Mirella Schino l&rsquo;\u00e9claircit bien dans sa synth\u00e8se de chez Laterza de 2003, <i>La nascita della regia teatrale<\/i>, quand elle distingue (et tant pis si avec la posture de la petite ma\u00eetresse d&rsquo;\u00e9cole \u00e0 la plume rouge) un filon principal qui mise sur l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une mise en sc\u00e8ne en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne du XXe si\u00e8cle (Marotti Cruciani Ruffini Taviani Savarese De Marinis) et un filon parall\u00e8le (mais un peu secondaire\u2026) qui, tout en concordant sur le postulat, se permet de r\u00e9cup\u00e9rer quelques instances du XIXe si\u00e8cle de direction sc\u00e9nique forte, exprim\u00e9 justement par Artioli. Pour l&rsquo;axe majoritaire qu&rsquo;il suffise de cette sentence non moins <i>tranchante<\/i> de Nando Taviani, qui d\u00e9finit \u00ab le si\u00e8cle de la Mise en sc\u00e8ne \u00bb (avec la majuscule, par sympathique emphase)<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00ab un si\u00e8cle long, ouvert embl\u00e9matiquement<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>par la naissance du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Art de Moscou, en 1897 ; embl\u00e9matiquement clos par la mort de Grotowski, en janvier 1999 \u00bb. En effet, \u00e0 bien y penser, il est surprenant que tous ces illustres coll\u00e8gues (Mirella<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>comprise, mais aussi Umberto) aient pu effront\u00e9ment se r\u00eaver la mise en sc\u00e8ne surgie comme un champignon, un beau matin, dans un petit \u00c9tat tardo-f\u00e9odal de l&rsquo;Allemagne profonde, dans le petit duch\u00e9 de Saxe-Meiningen, ou bien dans la p\u00e9riph\u00e9rique Russie de Moscou, et non, plut\u00f4t, dans l&rsquo;unique m\u00e9tropole de l&rsquo;Europe continentale du XIXe si\u00e8cle, dans ce Paris qui a tant de th\u00e9\u00e2tres et tant de journaux sp\u00e9cialis\u00e9s, fussent-ils de peu de pages, qui informent tous les trois jours un public \u00e9videmment fort vaste de lecteurs-spectateurs : ce qui \u00e9tait l&rsquo;hypoth\u00e8se la plus vraisemblable des r\u00e9flexions nordiques de l&rsquo;enseignant de l&rsquo;Acad\u00e9mie des Beaux-Arts de Lecce et des intuitions de bon sens de la jeune Elena Randi.<\/p>\n<p class=\"p1\">Certes, on peut se demander si Elena est vraiment parvenue \u00e0 pareille conclusion sur une pure base intuitive, ou si elle ne fut pas, quoi qu&rsquo;il en soit,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>aid\u00e9e aussi par la chance. Car Umberto \u2013<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>sachant bien qu&rsquo;il ne suffit pas de d\u00e9clarer que la mise en sc\u00e8ne est la grande nouveaut\u00e9 de l&rsquo;histoire du th\u00e9\u00e2tre, du moment qu&rsquo;il faut aussi r\u00e9pondre \u00e0 la question <i>nouveaut\u00e9 par rapport \u00e0 quoi ?<\/i> c&rsquo;est-\u00e0-dire par rapport \u00e0 un <i>avant<\/i>,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>qui n\u00e9cessite toutefois d&rsquo;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 attentivement \u2013 justement dans les ann\u00e9es juste ant\u00e9rieures avait l\u00e2ch\u00e9 ses l\u00e9vriers, mis ses quatre demoiselles en route vers les quatre points cardinaux du continent europ\u00e9en, afin d&rsquo;<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>investiguer \u00e0 fond le syst\u00e8me du XIXe si\u00e8cle des r\u00f4les d&rsquo;acteurs : \u00e0 Simona Brunetti l&rsquo;Italie, \u00e0 Cristina Grazioli l&rsquo;Allemagne, \u00e0 Paola Degli Esposti l&rsquo;Angleterre, et \u00e0 Elena Randi la France. De sorte que par bonne fortune Paris lui \u00e9chut, principal march\u00e9 europ\u00e9en de la mise en sc\u00e8ne de spectacles th\u00e9\u00e2traux, mais aussi la ville o\u00f9 si\u00e8ge la <i>Com\u00e9die-Fran\u00e7aise<\/i>, \u00ab le plus ancien th\u00e9\u00e2tre existant dans le monde occidental \u00bb, comme le note avec une subtile <i>nonchalance <\/i>Randi elle-m\u00eame dans son chapitre du livre en question, rappelant en renfort, que le dramaturge vivant (dont le texte est port\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne par la glorieuse institution) a le double privil\u00e8ge de choisir les acteurs du <i>cast<\/i> et de diriger les r\u00e9p\u00e9titions,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>pour une dur\u00e9e minimale de trois semaines qui peuvent se prolonger jusqu&rsquo;\u00e0 un maximum de trois mois : comme pour dire \u2013 f\u00fbt-ce de mani\u00e8re respectueuse, attentionn\u00e9e, r\u00e9v\u00e9rencieuse, presque timide mais limpide, du moins pour qui veut comprendre, n&rsquo;\u00e9tant point plus sourd que celui qui ne veut entendre \u2013 que bref, allons, peut-\u00eatre, oui, on pourrait m\u00eame imaginer que la mise en sc\u00e8ne f\u00fbt apparue d&rsquo;abord \u00e0 Paris\u2026<\/p>\n<p class=\"p2\">Il s&rsquo;entend qu&rsquo;ils durent s&rsquo;affronter durement, le Ma\u00eetre et l&rsquo;impertinente \u00e9l\u00e8ve elle aussi, sa part, \u00e0 soutenir qu&rsquo;on pouvait avancer l&rsquo;heureux \u00e9v\u00e9nement jusqu&rsquo;aux premi\u00e8res ann\u00e9es trente du XIXe si\u00e8cle, et non point quarante ans apr\u00e8s avec les Meininger, et encore moins soixante-dix ans apr\u00e8s, avec Stanislavski. Et pourtant le Ma\u00eetre dut lui aussi pressentir quelque chose, du moins en son for int\u00e9rieur, que cette jeune \u00e9l\u00e8ve \u00e0 lui pouvait aussi \u2013 peut-\u00eatre, qui sait, ne jamais dire jamais\u2026 \u2013 avoir aussi quelque raison, et il laissa son manuel \u2013 si cat\u00e9gorique \u00e0 fixer r\u00e9solument dans le mur de 1870 le clou auquel suspendre la cha\u00eene \u2013 commencer par un chapitre initial confi\u00e9 \u00e0 Elena Randi. Laquelle Elena<b> <\/b>Randi<b> <\/b>\u2013 qui toute petite doit avoir \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e des J\u00e9suites, apprenant la sagesse de la <i>dissimulation honn\u00eate<\/i> \u2013 s&rsquo;inventa aussit\u00f4t un titre de chapitre g\u00e9n\u00e9rique et ample, c&rsquo;est-\u00e0-dire trompeur<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>(<i>Les pr\u00e9mices de la mise en sc\u00e8ne<\/i> <i>en Europe<\/i>), articulant ensuite les quelques pages \u00e0 disposition en trois paragraphes pseudo\/inoffensifs, le premier d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la pratique italienne du th\u00e9\u00e2tre du capocomico, le troisi\u00e8me \u00e0 un bref aper\u00e7u sur la sc\u00e8ne anglaise et allemande et, presque cach\u00e9 entre les deux, un petit paragraphe intitul\u00e9 prudemment <i>Mises en sc\u00e8ne d&rsquo;avant-garde fran\u00e7aises avant 1870, <\/i>o\u00f9 est digne de note la ruse de mettre en avant non seulement la <i>France,<\/i> pour occulter <i>Paris<\/i> (peut-\u00eatre trop d\u00e9rangeant pour le Ma\u00eetre enivr\u00e9 par Meininger mill\u00e9sime 1870) mais aussi la date improposable, pudiquement cach\u00e9e par la feuille de vigne de la latinisante formulette <i>ante 1870<\/i>. Mais combien <i>ante<\/i> ? Beaucoup <i>ante<\/i>, \u00e0 vrai dire, bien que<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>les quatre pages maigrelettes du petit paragraphe soient prudentes, laissant filtrer avec discr\u00e9tion, entre parenth\u00e8ses rondes, seulement deux dates, 1830 premi\u00e8re repr\u00e9sentation d&rsquo;<i>Hernani<\/i> et 1835 premi\u00e8re repr\u00e9sentation de <i>Chatterton<\/i>, rappelant \u00e0 peine le pur nom de Dumas p\u00e8re, peut-\u00eatre pour \u00e9viter l&#8217;embarras de la date encore plus pr\u00e9coce de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>de son <i>Henri III et sa cour<\/i>, 10 f\u00e9vrier 1829\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00c9voqu\u00e9s bri\u00e8vement les d\u00e9m\u00eal\u00e9s entre Hugo et la premi\u00e8re actrice mais soigneusement pass\u00e9e sous silence la posture<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>de metteur en sc\u00e8ne d&rsquo;Alfred de Vigny, bien que l&rsquo;analyse valorise pleinement l&rsquo;entrelacs et l&rsquo;\u00e9change entre texte, sc\u00e9nographie et art de l&rsquo;acteur lisible dans le spectacle. <i>On dit le p\u00e9ch\u00e9 mais non le p\u00e9cheur<\/i>, et donc personne ne s&rsquo;aper\u00e7oit que ces quatre petites pages sont une bombe, tant tous semblent avoir<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>le jambon sur les yeux, aveugl\u00e9s par des explications principalement th\u00e9oriques sinon id\u00e9ologiques du ph\u00e9nom\u00e8ne. Ils ne s&rsquo;aper\u00e7oivent m\u00eame pas que la jeune chercheuse \u2013 arriv\u00e9e \u00e0 la derni\u00e8re page de son essai \u2013 ne tient plus<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00e0<i> apaiser tronquer, tronquer, apaiser <\/i>et soudain explose, il lui \u00e9chappe litt\u00e9ralement de la plume qu&rsquo;\u00e0 hauteur des ann\u00e9es trente parisiennes il y a une v\u00e9ritable <i>mise en sc\u00e8ne<\/i>, et non seulement, elle ose se pousser jusqu&rsquo;\u00e0 supposer que<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00ab il n&rsquo;est pas \u00e0 exclure \u00bb que Vigny et le premier Hugo soient parvenus \u00e0 produire un genre de <i>cr\u00e9ation <\/i>\u00ab qui n&rsquo;existe que dans son devenir repr\u00e9sentation \u00bb,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>et dont, dans les textes, ne restent que de \u00ab p\u00e2les reflets \u00bb. Randi pense sans doute \u00e0 la <i>d\u00e9gringolade <\/i>de la protagoniste au bas de l&rsquo;escalier, dans la cl\u00f4ture de la <i>pi\u00e8ce, <\/i>tr\u00e8s efficace invention des r\u00e9p\u00e9titions, absente dans le manuscrit autographe et dans le texte, et pr\u00e9sente dans la <i>princeps<\/i> seulement parce qu&rsquo;invent\u00e9e sur le plateau des r\u00e9p\u00e9titions (mais demeure l&rsquo;\u00e9nigme de savoir comment le Ma\u00eetre a pu accepter autant d&rsquo;insubordination acad\u00e9mique\u2026).<\/p>\n<p class=\"p1\">Le manuel coordonn\u00e9 par Umberto fut publi\u00e9 en mars 2004, son dernier livre. Aux premiers jours de juillet de cette m\u00eame ann\u00e9e il se met au volant de la voiture, parti<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>avec sa femme pour un peu de vacances sur le littoral v\u00e9nitien, mais \u00e0 un certain point il fait une embard\u00e9e, r\u00e9ussit \u00e0 arr\u00eater le v\u00e9hicule au bord de la route, exactement comme le chantait Roberto Vecchioni, dans une chanson \u00e0 lui parue deux ans avant, \u00ab Ou tandis que je conduis \/ je l&rsquo;entendrai tr\u00e8s bien \/ jouer pendant que je fais une embard\u00e9e \/ et je ne pourrai la confondre avec rien \/ car elle a un son sacr\u00e9ment \u00e9ternel \/ et puis on l&rsquo;entend cette fois-l\u00e0 seule \/ l&rsquo;alto d&rsquo;hiver \u00bb. \u00c0 cette \u00e9poque, depuis cinq-six ans, Franco Perrelli s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Turin, on ne sait comment ni pourquoi, peut-\u00eatre toujours gr\u00e2ce au Saint-Esprit. Quelques mois plus tard, f\u00e9vrier 2005, sortirait chez UTET son manuel, <i>La seconda creazione. Fondamenti della regia teatrale, <\/i>o\u00f9 resurgit la piste nordique dangereusement exhib\u00e9e au concours florentin. J&rsquo;ignore comment au jeune Perrelli \u00e9tait venu \u00e0 l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9tudier le su\u00e9dois, mais su\u00e9dois est Ludvig Josephson, dont le trait\u00e9 sur la mise en sc\u00e8ne, publi\u00e9 en 1892, met \u00e0 profit une trentenaire connaissance de la sc\u00e8ne internationale, qui lui a permis d&rsquo;appr\u00e9cier la modernit\u00e9 des mises en sc\u00e8ne d&rsquo;Adolphe Montigny au <i>Th\u00e9\u00e2tre du Gymnase<\/i> de Paris entre les ann\u00e9es cinquante et quatre-vingt. Par accident je suis voisin de pupitre de Perrelli, dans le m\u00eame bureau turinois au deuxi\u00e8me \u00e9tage de Palazzo Nuovo, fort intrigu\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9placer en arri\u00e8re les aiguilles de l&rsquo;horloge de la mise en sc\u00e8ne, du 1870 des Meininger au 1850 de Montigny, et plus encore par l&rsquo;audace de remonter jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es trente, comme il m&rsquo;a sembl\u00e9 comprendre du petit paragraphe d&rsquo;Elena Randi. J&rsquo;ai peu de vertus, mais au moins celle d&rsquo;\u00eatre un \u00e9tudiant<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>volontaire, pr\u00eat \u00e0 m&#8217;emparer des bonnes id\u00e9es d&rsquo;autrui. Si mon aim\u00e9 Umberto s&rsquo;en est all\u00e9 et que nous ne savons o\u00f9, quelqu&rsquo;un doit bien s&rsquo;occuper de ses petites orphelines, et je m&rsquo;invente \u00eatre moi l&rsquo;<i>oncle protecteur<\/i>. Je m&rsquo;occupe de la derni\u00e8re arriv\u00e9e, la dou\u00e9e et gentille Simona Brunetti,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>mais un peu aussi d&rsquo;Elena Randi, qui est d\u00e9sormais professeure associ\u00e9e mais pas encore confirm\u00e9e. Je m&rsquo;entretiens souvent avec elle au t\u00e9l\u00e9phone et j&rsquo;apprends qu&rsquo;\u00e0 la<i> Com\u00e9die-Fran\u00e7aise<\/i> on conserve de pr\u00e9cieuses annotations de la main de l&rsquo;auteur de <i>Chatterton<\/i> qui montrent sa fonction de metteur en sc\u00e8ne face aux acteurs de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation. En r\u00e9alit\u00e9 je n&rsquo;ai jamais fait de recherches archivistiques, je suis incapable de d\u00e9chiffrer m\u00eame mon \u00e9criture, sur une note prise \u00e0 la main sur quelque feuillet, mais <i>Chatterton<\/i> est un texte morbide et malsain, assez pour m&rsquo;attirer, et puis j&rsquo;avais une femme fran\u00e7aise et une maison \u00e0 Paris, \u00e0 un quart d&rsquo;heure \u00e0 pied de la biblioth\u00e8que du glorieux th\u00e9\u00e2tre, de sorte que je m&rsquo;aventure.<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>En pr\u00e9fa\u00e7ant <i>Il teatro dei registi<\/i> j&rsquo;ai dit que je ne l&rsquo;aurais jamais \u00e9crit si je n&rsquo;avais eu les stimuli <i>en pr\u00e9sence<\/i> de Perrelli au contact du coude (et pour cela le livre lui fut d\u00e9di\u00e9), mais non moins d\u00e9cisifs furent les stimuli de Randi <i>\u00e0 distance<\/i>. L&rsquo;un et l&rsquo;autre, par des voies diff\u00e9rentes, m&rsquo;ont contraint \u00e0 regarder vers Paris.<\/p>\n<p class=\"p1\">Naturellement j&rsquo;ai travaill\u00e9 en <i>diff\u00e9remment apte<\/i>, seulement sur des livres et des revues, mais il me semble avoir compris ce<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>que certains coll\u00e8gues ont du mal \u00e0 comprendre, tout en parlant souvent d&rsquo;<i>histoire mat\u00e9rielle du th\u00e9\u00e2tre<\/i> :<i> <\/i>que le th\u00e9\u00e2tre du XIXe si\u00e8cle est avant tout une entreprise commerciale, et que les plus anciens <i>livrets de mise en sc\u00e8ne<\/i> av\u00e9r\u00e9s par Allevy (une chercheuse dont le pr\u00e9cieux livre de 1938 me para\u00eet peu cit\u00e9 dans le d\u00e9bat italiote\u2026) sont de 1827-1828. Il s&rsquo;agit de <i>livrets d&rsquo;instruction<\/i> r\u00e9dig\u00e9s par les soins des th\u00e9\u00e2tres producteurs de spectacles parisiens \u00e0 succ\u00e8s, dont on esp\u00e8re qu&rsquo;ils pourront \u00eatre remont\u00e9s sur les sc\u00e8nes th\u00e9\u00e2trales de la province. Pure question de sous,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>laids sales mais comptant et tout de suite<i>.<\/i> Dans les livrets il y a tout ou presque ce qu&rsquo;il faut : liste des personnages avec leurs r\u00f4les d&rsquo;acteurs respectifs, description des costumes, sc\u00e9nographies, meubles, mais aussi<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>disposition des acteurs sur la sc\u00e8ne, indications de leurs entr\u00e9es et sorties, o\u00f9 ils doivent aller et o\u00f9 ils doivent s&rsquo;arr\u00eater. La pouss\u00e9e originelle, l&rsquo;exigence strat\u00e9gique d&rsquo;un tel genre de publications peut \u00eatre photographi\u00e9e m\u00eame d\u00e9j\u00e0 une d\u00e9cennie avant, comme je l&rsquo;ai d\u00e9montr\u00e9 en citant ces lignes du <i>Courrier des Spectacles<\/i> du 20 mai<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>1818 :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p5\">Nous signalons cet ouvrage \u00e0 messieurs les directeurs de province comme une heureuse sp\u00e9culation ; d\u00e9j\u00e0 de nombreuses villes fr\u00e9miront d&rsquo;effroi et d&rsquo;horreur au <i>Chateau de Paluzzi<\/i>, et nous croyons servir leurs int\u00e9r\u00eats, en leur donnant quelque indication. Cette <i>pi\u00e8ce<\/i> n&rsquo;exige aucune d\u00e9pense ni de sc\u00e9nographies ni de costumes, les ballets peuvent \u00eatre supprim\u00e9s, et la musique n&rsquo;est absolument pas n\u00e9cessaire si ce n&rsquo;est dans les derni\u00e8res sc\u00e8nes du second acte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">S&rsquo;il est vrai que <i>r\u00e9gie<\/i> est un vocable du XVIIe si\u00e8cle du droit administratif, il connote la gestion d&rsquo;une entreprise publique, naturellement <i>royale<\/i>, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque monarchique, le <i>r\u00e9gisseur<\/i> est celui qui administre, g\u00e8re. Celle du metteur en sc\u00e8ne est une nouvelle profession, induite par ce d\u00e9veloppement du monde du spectacle parisien. Un professionnel<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>de la m\u00e9diation, apte \u00e0 traduire en une synth\u00e8se spectaculairement efficace, c&rsquo;est-\u00e0-dire plaisante, les instructions fournies par les <i>livrets de mise en sc\u00e8ne<\/i> et par les publications sp\u00e9cialis\u00e9es. \u00c9videmment, \u00e0 la hauteur chronologique des ann\u00e9es trente, quand le jeu se durcit, les durs entrent en lice. Alexandre Dumas p\u00e8re, Victor Hugo et Alfred de Vigny, plac\u00e9s derri\u00e8re la puissance de feu de la <i>Com\u00e9die-Fran\u00e7aise<\/i>, offrent une retentissante valeur ajout\u00e9e. Ils assument une fonction <i>basse<\/i>, celle du <i>r\u00e9gisseur, <\/i>mais en d\u00e9terminent imm\u00e9diatement un formidable bond en avant. En tant qu&rsquo;auteurs des textes mis en sc\u00e8ne, ils en sont les interpr\u00e8tes uniques et autoris\u00e9s. Sans pour autant vouloir voir id\u00e9alistement une discontinuit\u00e9 abyssale entre les deux registres. Il m&rsquo;est arriv\u00e9 de citer deux lignes d&rsquo;un <i>livret de mise en sc\u00e8ne<\/i> relatif \u00e0 un texte des plus modestes, avec indication pour le personnage de Louis XVI : \u00ab Premier acteur (entre 30 et 32 ans). Une certaine dignit\u00e9 unie \u00e0 une certaine bonhomie \u00bb. Peu de chose, certes, mais c&rsquo;est quelque chose, un soulignement l\u00e9ger, une suggestion psychologique pour l&rsquo;acteur, qui doit concilier un trait digne, l\u00e9g\u00e8rement <i>hautain<\/i>, comme il sied \u00e0 <i>Son Altesse<\/i> mais m\u00eal\u00e9 de bonhomie, d&rsquo;humanit\u00e9 cordiale.<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Bref, la mise en sc\u00e8ne comme art cr\u00e9atif n&rsquo;est certes pas r\u00e9ductible \u00e0 la figure manag\u00e9riale du <i>r\u00e9gisseur <\/i>en tant que petit d\u00e9miurge des <i>livrets de mise en sc\u00e8ne, <\/i>mais se tient<i> <\/i>sur une ligne \u00e9volutive, dont elle repr\u00e9sente le sommet. La prise d&rsquo;acte du changement de rythme n&rsquo;aura lieu que dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, avec la diffusion d&rsquo;un terme nouveau \u2013 <i>metteur en sc\u00e8ne<\/i> au lieu de <i>r\u00e9gisseur <\/i>\u2013 mais les premiers <i>metteurs en sc\u00e8ne<\/i> sont les trois dramaturges red\u00e9couverts par Elena Randi.<\/p>\n<p class=\"p7\">Laquelle Elena Randi, deux ans et demi apr\u00e8s ma modeste contribution, parue en octobre 2006, publie en avril 2009 aux Edizioni di Pagina le dense volume <i>I primordi della regia. Nei cantieri teatrali di Hugo, Vigny, Dumas, <\/i>qui reprend ouvertement le titre du chapitre du manuel dirig\u00e9 par Artioli cinq ans avant, raccourci de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Europe, qui \u00e9tait justement la feuille de vigne dont on a parl\u00e9. Les fils et les filles aiment beaucoup les p\u00e8res, mais leur disparition est aussi une lib\u00e9ration, le moment de la croissance, de l&rsquo;autonomie. Ici enfin le projecteur est tout et exclusivement point\u00e9 sur l&rsquo;habituel trio d&rsquo;auteurs, dont on examine deux textes pour chacun, mont\u00e9s par la <i>Com\u00e9die-Fran\u00e7aise<\/i> : tous pareillement engag\u00e9s dans une pratique in\u00e9dite et myst\u00e9rieuse, que Randi \u2013 dans les pages introductives aux six chapitres du livre \u2013 n&rsquo;h\u00e9site plus \u00e0 nommer par son nom, mettant en \u00e9vidence (avec une juste fiert\u00e9)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"p8\">le r\u00f4le de metteurs en sc\u00e8ne jou\u00e9 d\u00e8s les ann\u00e9es trente du XIXe si\u00e8cle par trois dramaturges (Vigny, Hugo et Dumas <i>p\u00e8re<\/i>) \u00e0 l&rsquo;occasion de la premi\u00e8re mise en sc\u00e8ne de leurs <i>pi\u00e8ces<\/i> ou traductions ; artistes significativement actifs \u00e0 Paris,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>capitale d&rsquo;Europe, et non, dans les ann\u00e9es soixante-dix du si\u00e8cle, dans le p\u00e9riph\u00e9rique duch\u00e9 de Meiningen, o\u00f9 plusieurs chercheurs situent la naissance du ph\u00e9nom\u00e8ne de la mise en sc\u00e8ne.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p3\">Le Ma\u00eetre est mort depuis un lustre, il n&rsquo;est nullement oubli\u00e9, un tr\u00e8s bel exergue lui \u00e9choit, six lignes d&rsquo;un essai pirandellien \u00e0 lui qui fixent Henri IV dans le profil d&rsquo;un dieu, combl\u00e9 mais lointain, qui n&rsquo;entrave pas la vie des humains. Le livre n&rsquo;est pas d\u00e9di\u00e9 au Ma\u00eetre (comme il aurait \u00e9t\u00e9 logique de s&rsquo;y attendre) mais \u00e0 Gustavo, le <i>basset <\/i>d&rsquo;Elena Randi, qui depuis toujours \u2013 avec bonne raison<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u2013 pr\u00e9f\u00e8re les animaux non parlants \u00e0 ceux parlants de la plan\u00e8te (personnellement je d\u00e9teste les chiens mais j&rsquo;adore les chats, et donc je peux la comprendre\u2026). Dans ces pages introductives,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>non par hasard encadr\u00e9es sous un titre \u00e9clatant, \u00e9loquent (et pol\u00e9mique), <i>Paris<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>capitale de la mise en sc\u00e8ne<\/i>, elle prend d\u00e9finitivement ses distances avec le Ma\u00eetre, revendiquant le droit \u00e0 <i>une id\u00e9e de mise en sc\u00e8ne<\/i> non \u00e9vidente, heureusement fond\u00e9e <span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>sur une montagne de mat\u00e9riaux d&rsquo;archives.<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Les six chapitres du livre ne sont pas des <i>analyses des textes <\/i>(proprement cinq, mais la traduction de l&rsquo;<i>Othello<\/i> shakespearien est comme si elle \u00e9tait l&rsquo;\u0153uvre de Vigny traducteur), mais plut\u00f4t des sondages approfondis de tous les coefficients de la mise en sc\u00e8ne, pour autant que document\u00e9s en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la premi\u00e8re repr\u00e9sentation, saisis \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;une optique unitaire. Si le <i>r\u00e9gisseur <\/i>est l&rsquo;esprit<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>scrupuleux et inventif, habile \u00e0 ramener sous son contr\u00f4le essentiellement <i>organisationnel <\/i>tous les \u00e9l\u00e9ments du spectacle, la valeur ajout\u00e9e du <i>metteur en sc\u00e8ne<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><\/i>est de type <i>artistique<\/i>, consiste dans la capacit\u00e9 d&rsquo;articuler de mani\u00e8re approfondie le sens du texte, mais nul mieux que lui si le <i>metteur en sc\u00e8ne<\/i> co\u00efncide avec l&rsquo;auteur du texte, comme il advient justement pour nos trois mousquetaires de la plume dans le Paris des ann\u00e9es trente.<\/p>\n<p class=\"p9\">Puis, une fois gagn\u00e9 le large, Randi ne s&rsquo;arr\u00eate plus. En 2012<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Siro Ferrone accueille dans la collection qu&rsquo;il dirige chez Le Lettere un gros volume randien de 552 pages, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 <i>Angelo, tyran de Padoue<\/i> de Hugo, \u00e9dition critique coplanaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire visant \u00e0 montrer plusieurs versions du texte, l&rsquo;une \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;autre, au lieu de cacher les variantes dans les notes : o\u00f9 sont confront\u00e9s l&rsquo;autographe, le texte du souffleur de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation, la <i>princeps <\/i>et la derni\u00e8re \u00e9dition ant\u00e9rieure \u00e0 la<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>mort de Hugo. Et ici la chercheuse tr\u00f4ne proprement, d\u00e9montrant que le texte est de bout en bout <i>auctorial<\/i>, \u00e0 l&rsquo;encontre de ce qui est habituellement retenu, justement parce que Hugo, en tant que metteur en sc\u00e8ne, choisit chaque mot pour la version sc\u00e9nique, du reste assez diff\u00e9rente de celle imprim\u00e9e, parfaitement conscient de la diff\u00e9rence entre la fruition \u00e0 la lecture et la fruition au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p class=\"p9\">En dernier, ce <i>Victor Hugo regista <\/i>qui ferme la boucle, avec un titre qui est un coup de tambour inattendu et joyeusement trombonesque, la d\u00e9claration affirmative et altisonnante d&rsquo;un <i>Hugo metteur en sc\u00e8ne<\/i>, presque un si\u00e8cle avant les mythiques <i>metteurs en sc\u00e8ne<\/i> r\u00eav\u00e9s par les grands professeurs <i>th\u00e9oriques et id\u00e9ologiques, <\/i>comme les d\u00e9finit le grand Sirus (ainsi surnomm\u00e9 par moi dans la d\u00e9dicace \u00e0 une incursion goldonienne \u00e0 moi).<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Un livre qui reprend un th\u00e8me explor\u00e9 pendant presque un quart de si\u00e8cle, qui naturellement r\u00e9unit des essais d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits pr\u00e9c\u00e9demment, revus et corrig\u00e9s, et des chapitres \u00e9crits <i>ex novo <\/i>(et donc, par force des choses, le dispositif mastodontesque d&rsquo;<i>Angelo, tyran de Padoue<\/i> est redimensionn\u00e9).<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-56 alignleft\" src=\"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Hernani-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"326\" height=\"461\" srcset=\"https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Hernani-212x300.jpg 212w, https:\/\/blog.robertoalonge.it\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Hernani.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\">On y analyse quatre mises en sc\u00e8ne hugoliennes, outre <i>Le roi s&rsquo;amuse<\/i>, un spectacle vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec peut-\u00eatre justement \u00e0 cause de l&rsquo;absence de Hugo aux r\u00e9p\u00e9titions. Dans ce cas \u2013 face \u00e0 un arc chronologique compris entre 1830 et 1835 \u2013 sont prises en consid\u00e9ration non seulement les mises en sc\u00e8ne donn\u00e9es \u00e0 la <i>Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, <\/i>mais aussi \u00e0 la <i>Porte Saint Martin<\/i>, preuve du fait que le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;\u00c9tat ne constitue pas une exception par rapport \u00e0 la situation parisienne globale du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p class=\"p2\">Que dire, en regard de tant de r\u00e9sultats ? Que je ne puis cacher \u2013 avant tout \u2013 la petite satisfaction d&rsquo;<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>avoir su appr\u00e9cier en temps opportun l&rsquo;originalit\u00e9 des recherches randiennes (ne serait-ce que parce que certaines d&rsquo;entre elles sont parues au fil du temps dans la revue \u00ab Il castello di Elsinore \u00bb dont je me suis occup\u00e9 pendant 38 ans). Le 9 janvier 2007, recensant son livre de 2006, <i>Percorsi della drammaturgia romantica, <\/i>je signalais que \u00ab Randi, dans une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9tudes pour le moment encore partielles, a commenc\u00e9 \u00e0 mettre en \u00e9vidence<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>avec force et intelligence (mais aussi avec bonne volont\u00e9, allant travailler dans les biblioth\u00e8ques parisiennes) qu&rsquo;un premier noyau de <i>pratique de mise en sc\u00e8ne<\/i> se greffe en v\u00e9rit\u00e9 bien quarante ans avant les Meininger, avec les mises en sc\u00e8ne parisiennes de Hugo, de Dumas p\u00e8re, de Vigny \u00bb. Le 3 juin 2009, ensuite, devant la publication de <i>I primordi della regia,<\/i> je sortis moi aussi avec un sursaut trombonesque, intitulant ma recension <i>Hebemus Papessam<\/i>. (Les deux recensions sur le site <i>TurinD@msReview<\/i> que j&rsquo;animai pendant un certain nombre d&rsquo;ann\u00e9es, m&rsquo;illusionnant de me faire ainsi pardonner deux mandats de Doyen de Facult\u00e9 trop tyrannique : site actuellement d\u00e9sactiv\u00e9, j&rsquo;imagine parce que non plus financ\u00e9\u2026). Naturellement, je trouvais fort appr\u00e9ciable que la diff\u00e9rente datation de l&rsquo;origine de la praxis de la mise en sc\u00e8ne f\u00fbt \u00e9troitement entrelac\u00e9e avec le sagace examen du texte dramaturgique. Comme pour dire que m\u00eame une probl\u00e9matique typiquement <i>spectaculaire<\/i> est mieux compr\u00e9hensible si l&rsquo;on sait user du bistouri qui p\u00e9n\u00e8tre dans la chair vive de l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un auteur. Que les premiers metteurs en sc\u00e8ne soient Hugo Vigny Dumas p\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire trois dramaturges, eh bien, une merveille de conclusion, presque \u00e0 douter qu&rsquo;elle puisse \u00eatre <i>trop belle pour \u00eatre vraie<\/i>\u2026<\/p>\n<p class=\"p2\">J&rsquo;avoue en somme, n&rsquo;ayant pas l&rsquo;habitude de me cacher derri\u00e8re un doigt, que mon hymne pindarique \u00e0 Randi n&rsquo;\u00e9tait pas (et n&rsquo;est pas, encore moins aujourd&rsquo;hui) innocent et gratuit, mais parce que \u2013 comme je l&rsquo;ai \u00e9crit en t\u00eate de mon livre de chez Laterza de 2010, <i>Goldoni il libertino. Eros, violenza, morte <\/i>\u2013 les <i>castellans<\/i> ont \u00e9tudi\u00e9 et publi\u00e9 en se percevant comme \u00ab les garnements de la rue P\u00e1l, durant un quart de si\u00e8cle compagnons de jeux et d&rsquo;infinis tr\u00e8s joyeux <i>wargames<\/i> acad\u00e9miques \u00bb, dans une confrontation serr\u00e9e avec les <i>meuniers<\/i>, et donc l&rsquo;excellence d&rsquo;Elena Randi a sembl\u00e9 \u00e0 juste raison se r\u00e9percuter sur son groupe d&rsquo;appartenance, qui a beaucoup travaill\u00e9 autour de l&rsquo;important th\u00e8me de la mise en sc\u00e8ne, f\u00fbt-ce de mani\u00e8re diff\u00e9rente,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>tout en se chamaillant en son sein, non seulement en \u00e9crivant mais aussi en s&rsquo;inventant des initiatives, comme les nombreux colloques avec des metteurs en sc\u00e8ne contemporains sur le lac de Garde, organis\u00e9s par le dynamique Paolo Bosisio. Et le <i>Victor Hugo regista<\/i> actuellement sous presse (h\u00e9las non, il n&rsquo;y aura pas de volume papier, disons en cours d&rsquo;\u00e9laboration informatique), \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;Universit\u00e9 de Bologne, appose le sceau final \u00e0 un long, fructueux et original travail de fouille.<\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Comment conclure, cependant, au-del\u00e0 de toute piteuse complaisance narcissique ? Il m&rsquo;avait sembl\u00e9 (\u00e0 tort) que, en dernier,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>Elena Randi se f\u00fbt perdue dans les territoires de la danse, qu&rsquo;elle e\u00fbt c\u00e9d\u00e9 au charme du <i>th\u00e9\u00e2tre sans parole<\/i>, comme je l&rsquo;ai \u00e9crit dans mon cong\u00e9 du \u00ab Castello di Elsinore \u00bb, mais \u00e9videmment je me suis tromp\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>La danse ne se pose pas pour elle comme un acquis tardif ; \u00e0 lire attentivement sa production scientifique, on d\u00e9couvre qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9, plut\u00f4t, le <i>premier amour<\/i>. Bref, nous devons avoir le rare courage de la v\u00e9rit\u00e9, reconnaissant que<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><i>nous ne l&rsquo;avons pas vue arriver<\/i>,<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>mais parce qu&rsquo;Elena Randi a <i>une longueur d&rsquo;avance<\/i>, repr\u00e9sente le meilleur de ce que le petit monde ancien au sein duquel elle est n\u00e9e et a grandi a su exprimer :<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>capable d&rsquo;ex\u00e9g\u00e8ses approfondies sur les textes dramaturgiques, comme son Ma\u00eetre et les meilleurs des <i>castellans<\/i>, mais \u00e9galement experte en<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>danse, c&rsquo;est-\u00e0-dire en <i>langages non verbaux <\/i>chers aux <i>meuniers,<\/i> et en m\u00eame temps infatigable documentaliste et rat de biblioth\u00e8ques et d&rsquo;archives. Plus opportun par cons\u00e9quent de clore ce pan\u00e9gyrique trop prolong\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00e0 moi avec un fragment d&rsquo;une vieille recension des plus savoureuses<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>de notre Siro Ferrone, quand il monta \u00e0 cheval, lance en arr\u00eat, contre \u00ab l&rsquo;habitude de nos historiens du th\u00e9\u00e2tre \u2013 surtout ceux op\u00e9rant autour du XXe si\u00e8cle \u2013 \u00e0 raisonner, r\u00e9fl\u00e9chir, th\u00e9oriser et m\u00e9diter autour de leurs id\u00e9es confront\u00e9es aux id\u00e9es des gens de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 leur tour mesur\u00e9es sur les id\u00e9es d&rsquo;autres gens de th\u00e9\u00e2tre, en derni\u00e8re analyse avec les vell\u00e9it\u00e9s des uns et des autres \u00bb : concluant enfin de mani\u00e8re imag\u00e9e que dans le cas du livre du <i>castellan<\/i> qu&rsquo;il signalait<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u2013 dont il appr\u00e9ciait le recours aux sources directes et l&rsquo;analyse des variantes entre manuscrit original, texte et \u00e9dition imprim\u00e9e \u2013 \u00ab on se fonde sur les \u0153uvres et non sur les bavardages \u00bb. En v\u00e9rit\u00e9 la recension de Siro Ferrone est ant\u00e9rieure \u00e0 2009, c&rsquo;est-\u00e0-dire au premier livre d\u00e9cisif des trois de Randi consacr\u00e9s au motif en discussion, mais je suis s\u00fbr que Ferrone<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>pr\u00e9sageait ce que la chercheuse<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span>\u00e9crirait, et pour cela il fut ensuite heureux d&rsquo;accueillir dans sa collection l&rsquo;imposante \u00e9dition critique d&rsquo;<span class=\"Apple-converted-space\">  <\/span><i>Angelo, tyran de Padoue<\/i> de Hugo, de sorte qu&rsquo;il pourrait \u00e9crire aujourd&rsquo;hui les m\u00eames mots pour honorer le travail fondamental d&rsquo;Elena Randi. Et en tout cas \u2013 aussi pour me raccrocher circulairement \u00e0 l&rsquo;<i>incipit<\/i>, de go\u00fbt dialectal-pouillais, rendant ainsi en m\u00eame temps hommage \u00e0 l&rsquo;ami Perrelli, Pouillais d&rsquo;adoption) nous pouvons dire comme dit le cur\u00e9 (dont me parlait la non aim\u00e9e m\u00e8re foggienne), quand on l&rsquo;avertit qu&rsquo;il avait b\u00e9ni le mauvais cercueil : faisant glisser l&rsquo;\u0153il de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre cercueil, sans aucunement se d\u00e9composer ni s&#8217;embarrasser, le pr\u00e9lat dit tranquillement : <i>Benedizione, l\u00e8vete &lsquo;a &lsquo;dd\u00f2 st\u00e9 e vien&rsquo;te a mett\u00e8 cc\u00e0 !<\/i><\/p>\n<p><em>(2 avril 2026)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antonio Gramsci a \u00e9crit des mots inoubliables dans un de ses paragraphes intitul\u00e9 Le universit\u00e0 italiane, applaudissant au fait que \u00ab chaque enseignant tend \u00e0 former une \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb \u00e0 lui \u00bb, concluant \u00e0 la fin que \u00ab cette coutume, sauf cas sporadiques de camorra, est b\u00e9n\u00e9fique \u00bb. 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